Remise en route du Ward La France au fort Montbarey. Partie 1

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Nous débutons, par cet article, une série de billets consacré aux coulisses du fort Montbarey, avec l’objectif de vous faire découvrir le fort et le travail des bénévoles pour mettre en valeur à la fois le lieu, le matériel et les expositions qui font la richesse du Mémorial Montbarey. 

Le mémorial Montbarey a la chance de posséder un exemplaire de la dépanneuse lourde américaine « Ward la France ». Ce monstre de fer, capable de tracter des chars et consommant un litre d’essence au kilomètre, était placé depuis quelques temps en hibernation. Placé dans une alvéole à l’abri des intempéries le véhicule était en sommeil jusqu’en mars 2015, date à laquelle sa remise en route a commencé par l’équipe de bénévoles du fort. Désormais, chaque week-end, de petites mains s’affairent à entretenir les 16 tonnes de l’engin.

Dimanche 1er Mars

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La petite équipe inspecte l’organe principale de la dépanneuse : son moteur. Il s’agit d’y aller doucement, de réfléchir avant d’agir. Le véhicule n’est plus tout jeune et les pièces sont désormais onéreuses et surtout assez rares. Le moteur a été noyé volontairement dans l’huile lors de son arrêt afin d’éviter l’oxydation. Il faut donc vidanger une partie de cette huile rapidement. Continuons le tour complet de la partie moteur en vérifiant le niveau d’huile. Il faudra effectuer une vidange et un remplacement des filtres afin d’assainir et de pérenniser le fonctionnement du moteur. Vient ensuite le niveau d’eau dans le radiateur. A sec. On le remplit à ras bord en vérifiant qu’il n’y a aucune fuite. Les batteries sont, comme nous le craignons, complètement déchargées. Elles sont donc sorties du coffre à batteries. Il faudra l’aide d’une nouvelle batterie et celle d’une voiture en charge pour tenter un allumage de l’engin car nous ne disposons pas pour le moment d’une batterie suffisamment puissante pour remplacer l’obsolète. Niveau carburant, le Ward possède deux réservoirs mais celui de l’association ne fonctionnait que sur un seul. Inutilisable malheureusement, en raison de dépôts au fond qui risqueraient de boucher le carburateur. On shunte le réservoir en raccordant la pompe à essence sur un bidon (propre) d’essence neuve. L’essence se dénature vite, il ne faut pas la conserver trop longtemps. Il faut ensuite gratter un peu les vis platinées de la tête de distributeur afin de produire une belle étincelle pour l’allumage.

Après toutes ces vérifications, l’équipe fait un essai de démarrage. Les batteries manquent d’ampères. Le démarreur est gourmand. Après quelques tentatives infructueuses, le moteur vrombit à nouveau dans l’alvéole. Un bruit assourdissant ricoche sur les murs centenaires. Mais après quelques secondes de maintien grâce à l’accélérateur le moteur cale pour ne plus vouloir repartir. Il est tard, la nuit a plongé le fort dans l’obscurité la plus complète. L’équipe décide d’arrêter ses travaux pour ce soir. Rendez-vous est donné pour le dimanche qui suit.

Dimanche 8 Mars.

La semaine a passé vite, nous avons récolté plusieurs conseils auprès de plusieurs propriétaires de Ward. Grâce à une connaissance nous dégotons une belle batterie de camion qui devrait faire l’affaire. Mais l’heure n’est pas au redémarrage pour le moment. Nous entreprenons un nettoyage de plusieurs éléments afin de moins tirer sur le moteur. Nous nous concentrons sur les organes d’alimentation, à savoir le carburateur, qui permet le mélange de l’air et du carburant (comburant) avant de l’envoyer dans les cylindres du moteur. La pompe à essence qui permet au carburant de passer dans le système de filtration. Cet organe maintient une pression constante dans le circuit d’alimentation. Et pour finir, nous démontons également le filtre à essence qui comme son nom l’indique permet de purifier le carburant avant sa combustion. C’est un élément important pour la longévité du moteur. Une fois les trois pièces démontées direction l’établi pour un nettoyage en profondeur.

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Erwin démontant le carburateur

élément essences
Les trois organes du moteur que l’équipe vient de démonter

Après dévissage, les différentes pièces s’ouvrent et nous permettent de faire un état des lieux. Ce n’est pas parfait mais, dans l’ensemble, il n’y aura pas grand chose à faire pour les remettre à neuf. Le filtre est bien entendu encrassé et mérite un grand nettoyage voire un remplacement. La pompe par contre a le verre de son bocal fissuré. C’est un problème assez gênant car il remet en cause l’étanchéité de celui-ci. Il va falloir le remplacer ou le tester afin de savoir s’il est encore utilisable ou non. A l’intérieur de la pompe la membrane est en mauvais état, elle est poreuse. Cette porosité a permis à l’essence de se mélanger avec l’huile, dénaturant celle-ci. C’est une maladie assez courante que l’on retrouve également sur les Dodge. Le carburateur est encrassé mais semble très correct. Il faudra remplacer le joint qui fait l’étanchéité entre les parties inférieure et supérieure. Tout le bloc est à bien nettoyer. En suite le Ward devrait repartir comme dans sa prime jeunesse. Mais le fort ferme déjà ses portes aux visiteurs. Il est temps de ranger ses outils. Fin du chantier pour ce dimanche. Les pièces sont emportées pour être nettoyées en profondeur.

A suivre : Remise en route du Ward la France, partie 2.

Article rédigé par Gildas Priol

éléments à remplacer
Les éléments à remplacer : membrane, filtre et bocal en verre

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