Montbarey et l’indépendance américaine. 2. Les enjeux français

Le fort Montbarey est construit dans un contexte de fortes tensions géopolitiques internationales à la fin du XVIIIème siècle. Les colonies britanniques en Amérique exigent une plus grande autonomie face à la main-mise de la couronne anglaise qui augmente de manière considérable ses prélèvements fiscaux. Selon le principe de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », la monarchie française soutient les insurgés et envoie des troupes en soutien. Leur présence fait pencher l’issue du conflit du côté des insurgés. Une partie des escadres envoyées en Amérique part de Brest. C’est sur cette histoire que revient cette série d’articles dont voici le deuxième volet. Une exposition temporaire, présentée dans l’arrondissement sud du fort Montbarey revient sur cette épopée. 

La marine de guerre française qui connut sa première organisation « moderne » sous Richelieu, subit ensuite des hauts et des bas, liés à l’intérêt des rois successifs mais surtout aux finances du royaume de France.

Dans la première moitié du XVIIIème siècle, l’état de la flotte de guerre française se dégrade de plus en plus tandis que l’Angleterre maintient quant à elle l’effort financier et le niveau de la sienne.

La guerre de sept ans (1756-1763) se solde par la défaite française et la dislocation du premier empire colonial français. Aux Amériques, c’est la perte de la Nouvelle-France (capitale Québec), de la Louisiane. Ne resteront français que les territoires de Saint Pierre et Miquelon, la Martinique, la Guadeloupe et Marie Galante.

Entre 1762 et 1770, le duc de Choiseul, ministre de Louis XV, va porter l’effort sur la rénovation de la politique étrangère, la modernisation de l’armée et la reconstruction d’une flotte susceptible de rivaliser avec celle de l’Angleterre.

Louis XVI, ce roi épris de sciences et de découvertes, qui arrive au pouvoir en 1774, va disposer d’arsenaux militaires performants et d’une flotte restaurée qui est revenue à peu près au niveau de la flotte anglaise.

Le contexte :

carteindépendance américaine L’Angleterre fait peser sur ses colonies d’Amérique du Nord de lourdes taxes, une politique économique de monopoles contraignante et une mainmise qui vont générer le soulèvement de treize colonies. Elles vont se constituer en une fédération, prendre le nom d’ « Etats-Unis », se déclarer indépendantes (1776) sans toutefois parvenir à faire reconnaître cette indépendance de Londres. On appellera ces indépendantistes « insurgents » ou « patriots ». Et c’est le début de leur affrontement avec l’Angleterre.

Depuis la fin de la guerre de sept ans, le trafic maritime en Atlantique est dominé par l’Angleterre. Les seuls navires français qui s’aventurent sont les navires de course.

La France de Louis XVI a besoin de « laver » l’affront de la guerre de sept ans. Et surtout besoin de développer ses échanges commerciaux avec les colonies d’Outre Atlantique. Elle espère devenir le partenaire commercial privilégié des tous jeunes Etats-Unis d’Amérique.

Elle dispose d’une flotte de qualité. De grands ports, dont Brest, sont des arsenaux modernes, performants, en passe de devenir des citadelles imprenables. A Brest notamment, on complète les défenses côtés ouest et nord, par une ligne de cinq forts destinés à contenir un ennemi s’avançant par les terres à distance des installations portuaires.

(le « camp retranché » de Saint-Pierre qui comprend les forts de Montbarey, Portzic, Kéranroux, Questel et Penfeld).C’est dans ce contexte que Louis XVI, dès le 6 février 1778, va décider de soutenir la guerre d’indépendance américaine (1775-1783) contre le colon britannique.1005466-Louis_XVILouis XVI Source Larousse

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