Montbarey et l’indépendance américaine. 5. Brest, pilier de la guerre

Le fort Montbarey est construit dans un contexte de fortes tensions géopolitiques internationales à la fin du XVIIIème siècle. Les colonies britanniques en Amérique exigent une plus grande autonomie face à la main-mise de la couronne anglaise qui augmente de manière considérable ses prélèvements fiscaux. Selon le principe de « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », la monarchie française soutient les insurgés et envoie des troupes en soutien. Leur présence fait pencher l’issue du conflit du côté des insurgés. Une partie des escadres envoyées en Amérique part de Brest. C’est sur cette histoire que revient cette série d’articles dont voici le cinquième volet. Une exposition temporaire, présentée dans l’arrondissement sud du fort Montbarey revient sur cette épopée. 

Situées à mi-chemin entre l’Ancien et le Nouveau Monde, Brest et la Bretagne sont appelées assez naturellement à tenir un rôle stratégique majeur dans cette guerre d’Amérique.

Nantes va fournir la part commerciale de l’aide française mais les aspects militaires seront essentiellement assurés par Brest.

Brest est en effet un arsenal militaire de construction navale et de soutien des forces. C’est également un port militaire, dans une rade protectrice, où il est aisé de former une flotte et d’embarquer hommes, chevaux, matériels et vivres pour partir en campagne.

Trois des quatre escadres en partance vers l’Amérique – de Ternay, De Grasse et de Guichen – sont formées à Brest. Sans compter plusieurs convois, tel celui placé sous les ordres du bailli de Suffren (2), ou bien ces deux frégates, dont l’une, la Concorde, apportait aux insurgés une somme de 1 200 000 livres.

Jamais la France n’aurait pu armer ces escadres sans les formidables efforts de l’arsenal de Brest.

Pendant l’hiver 1780-1781, la préparation simultanée de trois escadres montre l’importance que revêtent les opérations préalables à toutes campagnes.

Dès la fin de 1780, et surtout début 1781 avec l’arrivée de Cadix de l’escadre de l’amiral d’Estaing, la rade et le port de Brest regorgent de bâtiments de tous ordres, dont 31 vaisseaux en rade et 13 en désarmement. Or l’escadre de De Grasse et de Suffren quitte Brest le 22 mars, celle de La Motte-Picquet le 25 avril.

En l’espace de seulement trois mois, l’arsenal fournit un travail considérable pour remettre en état des navires qui reviennent de campagne et doivent y repartir immédiatement.

Il faut aussi nourrir, soigner et équiper les équipages présents : 15 082 hommes en rade, 4 186 à terre, soit presque 20 000 personnes. Il faut y ajouter les 8 000 ouvriers de l’arsenal qui travaillent jour et nuit à la lueur des torches, ce qui fait de cet arsenal la plus grande entreprise de France de l’époque. Le but est atteint grâce à un travail incessant et à une organisation administrative efficace.

Sources libres du net

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Le port de Brest (une prise de la mâture) par Louis-Nicolas Van Blarenberghe (1716 – 1794)

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