« Wagon 256331 », une résistance théâtrale les 29 et 30 juillet à Montbarey

Le fort Montbarey accueille deux représentations d’une pièce de théâtre en plein-air les vendredi 29 et samedi 30 juillet 2016 à 21h30 au fort Montbarey de Brest.
Le projet s’inspire d’un train itinérant qui s’arrête en gare, en Allemagne, en Pologne, et évoque la Déportation devant le public. Entrée : 9 euros (gratuit pour les moins de 16 ans).

« Wagon 256331 … comme la déshumanisation infligée aux Déportés, « dénommés » et marqués d’un numéro gravé à jamais dans leur chair. L’unique décor dont jailliront les âmes des déportés, incarnées tant que faire ce peut par les comédiens amateurs de (Re)naissances Théâtres, sans jamais pouvoir être le véritable reflet d’une vérité inimaginable, en revêtant un costume dont les malheureux désincarnés furent eux dépouillés … Pièce inédite, mais nourrie de témoignages et de lectures, « phares de justesse » dans cette mer houleuse d’horreurs et de sentiments denses, dont certaines scènes retranscrivent sans far les souffrances comme les espoirs : On se retrouvera, par Madeleine Goldstein ; J’ai pas pleuré, par Ida Grinspan ; Le loup a les dents blanches, je répète, par Solveig Le Coze ; et des extraits d’Au coeur de l’enfer, témoignage posthume d’une poésie fulgurante par le Sonderkommando d’Auschwitz Zalmen Gradowski, d’On a besoin d’un fantôme, pièce burlesque pour marionnettes écrite par Hanuš Hachenburg en 1943 alors qu’il n’a que treize ans au camp de Terezin, et d’Une Poignée de terre, pièce de Claire Audhuy, auteure d’une thèse sur le Théâtre en camp, Les Théâtres de l’extrême. Des mélodies aussi, comme Le quatuor pour la fin du temps, pièce d’Olivier Messiaen composée en 1940 pendant sa détention au Stalag de Görlitz, ou avec la chanson DonnaDonna, que tout le monde sait fredonner sans toujours savoir qu’elle est d’abord une chanson Yiddish parlant d’un veau mené à l’abattoir, métaphore terrible de la déportation à la douce mélodie quasi réconfortante… Une « résistance théâtrale » qui s’inscrit dans la thématique choisie en 2016 par la Fondation de la Résistance : Résister par l’Art et la Littérature. Pour ne pas laisser être « fécond le ventre de la bête immonde » comme le disait Bertolt Brecht. Pour se souvenir aussi d’acte de résistance comme celui de Germaine Tillion, qui écrivit en camp Verfügbar aux Enfers, une parodie d’ Orphée aux Enfers et disait : « J’ai écrit une opérette, une chose comique, parce que je pense que le rire, même dans les situations les plus tragiques, est un élément revivifiant. On peut rire jusqu’à la dernière minute ». Une immersion dans cet océan de mort mais avant tout de vie -de lutte pour la vie, avec toutes les armes humaines contre les armes crées par l’Homme-, un spectacle en écho aux inhumanités d’aujourd’hui (le théâtre est « Ici et Maintenant ») par la mémoire du passé au service de l’avenir. »

Frédéric Le Coze-Sarafian, metteur en scène de (Re)naissances Théâtres, association de Bourg-Blanc réalisant des spectacles sur des thématiques engagées avec des amateurs de tous âges en Pays de Brest

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