La défense passive à Brest. Témoignages

Les témoignages qui suivent sont reproduits avec l’aimable autorisation du site « Libération 39-45 »

Bernard Holley à Brest
 » Un obus venait d’atterrir dans le salon « 

« Brestois depuis 80 ans « , Bernard Holley a les yeux de ceux qui connaissent le prix du bonheur. Celui de la vie, tout simplement. Quand les bombes et les obus ont failli vous voler votre jeunesse, chaque jour pendant près de quatre ans, cela forge une personnalité.

 » Au début de la guerre, je n’avais que 15 ans. Et je peux vous dire que je vois cette période comme la plus belle de ma vie « , sourit-il.

Pour le jeune photographe amateur, les premières heures de la guerre fournissent effectivement des occasions en or d’emprisonner l’histoire dans son boîtier magique, avant que l’horreur ne commence…
 » Nous habitions avenue Gambetta, juste au-dessus de la gare… Nous étions aux premières loges !
 » Les clichés défilent, en noir et blanc, comme un film passé au ralenti. Celui d’une époque de feu, de drames, de destruction.

La passion du jeune Brestois faillit d’ailleurs plus d’une fois lui coûter la vie…
 » Mon père ne voulait pas descendre aux abris : autant être au-dessus qu’en dessous ! Un jour, lors d’un bombardement, j’étais à la fenêtre avec mon petit frère. Et puis, il y a eu un grand bruit : un obus venait d’atterrir dans le mur du salon !  » Soixante ans plus tard, le petit carnet de notes qu’il gardait dans la poche de sa veste témoigne encore du bout de métal qui aurait pu lui transpercer la poitrine…

Un enchevêtrement de pierres et de ferrailles
A 18 ans, appelé dans la Défense passive, l’adolescent entre brutalement dans l’âge adulte. Secouriste au sein des équipes de la Croix-Rouge, il refuse l’exode :  » Dans la Résistance, on avait le choix : quitter Brest, pour prendre les armes, ou rester utile sur place.
 » De sauvetages en sauvetages, le jeune homme apprend l’horreur de la guerre. Les morts, les corps mutilés… Puis l’attente, dans l’impuissance du débarquement américain. Mais à quelques jours de la Libération, alors qu’il part en mission, le secouriste est touché par une balle perdue. Un projectile qui marque la fin de sa guerre. Ce n’est que quelques jours après la Libération que le jeune homme revient à Brest. Sa première visite sera pour l’abri Sadi Carnot, où tant de ses compagnons d’infortune ont péri :  » Les pompiers dégageaient les corps. Un souvenir épouvantable « . Brest n’est alors plus  » qu’un enchevêtrement de pierres et de ferrailles où l’on pouvait à peine circuler à pied « .

Mais  » quand on a 20 ans, on repart. Pour nous tous, il n’était plus question de parler de tout ça… Nous avions trop souffert.  »
Appareil photo en bandoulière, Bernard Holley fixera sur ses pellicules le film muet de la reconstruction, puis s’engagera dans la vie municipale et communautaire. A partir de 1983, il est de ceux qui militent pour le mémorial du Fort Montbarey.

La guerre, il n’en parle que rarement, sauf aux plus jeunes.  » Une telle expérience vous apprend beaucoup sur le genre humain. Vous découvrez les gens, et savez ensuite qu’ils sont prêts à utiliser tous les moyens pour parvenir à leurs fins… « 

La Défense Passive à Brest

Avant même le début des hostilités de septembre 1939, une véritable organisation de la Défense Passive avait été mise sur pied.

A Brest, une commission de la Défense Passive, présidée par le colonel Michel Scheidhaner, œuvrait dans deux domaines :

– la sensibilisation du problème de la D.P.
– la préparation d’un plan de protection de la population

La ville de Brest était divisée en secteurs.
Chaque secteur était découpé en îlots, auxquels étaient affectés les agents de la Défense Passive sous la responsabilité de chefs.

Les équipes de la Défense Passive étaient, si l’on excepte un petit nombre de volontaires, constituées d’agents requis par le préfet ou par le maire.
On pouvait les identifier grâce aux badges qu’ils portaient parfois.

Chaque agent avait une tache bien définie.
Déblaiement, liaison, incendie, secourisme, protection contre l’incendie … et se mobilisait de jour comme de nuit.

La mobilisation générale ayant été ordonnée le 1er septembre 1939, c’est à 3 heures 15 dans la nuit du 16 novembre que la première alerte est donnée par les sirènes de Brest.
Dès lors, elles vont se succéder sans beaucoup de répit pour la population.

Jusqu’en juin 1940, date de l’occupation, Brest à vécu les évènements d’assez loin.

Sensibilisé par la distribution des masques à gaz, on pressentait certes le danger.

Mais à part l’afflux de bateaux en rade et les mouvements de troupe embarquant pour la Norvège, elle ne se manifeste que par quelques attaques aériennes en juin 1940, à l’approche des armées allemandes.

La population Brestoise, bien informée, appliquait de son côté, les consignes de la Défense Passive en cas d’attaques.
Sable stocké et répandu sous les combles des maisons pour lutter contre les bombes incendiaires, mesure de limitation de l’éclairage, lumière à intensité réduite, occultation des portes et fenêtres, badigeon avec un lait de chaux, de plâtre ou d’argile les pièces de bois de charpentes …

Le port militaire connaît ses premières bombes le 14 juin 1940, l’aviation allemande prend en effet pour cible le Richelieu accosté dans le port.
A cette occasion, des maisons sont touchées rue Pierre Loti, à Recouvrance.

18 juin 1940 la ville est en ébullition dans une confusion totale.
C’est le spectacle d’une déroute sans nom avec un courant entrant et un autre sortant.

Celui des longues files de soldats anglais qui gagnent à pieds les quais d’embarquement après avoir abandonné et cassé leurs véhicules et leur matériel sur les routes d’accès à Brest.
Et celle de la population civile quittant la ville en utilisant tous les moyens à sa disposition.
C’est un défilé ininterrompu de cars et de voitures particulières qui emportent à l’extérieur tous ceux qui le peuvent.

La rade se vide de ses bateaux.
Ils prennent le large, régiments embarqués, en passant sous des torrents de fumées noires qui s’échappent des réservoirs et des maisons qui brûlent du côté de la maison Blanche et des Quatre Pompes.

Le mercredi 19 juin 1940 les troupes allemandes font leur entrée dans le Finistère.
A 9h45, elles se trouvent à Morlaix.

Trois colonnes motorisées se dirigent vers Brest, objectif stratégique majeur.

Un violent engagement à lieu à Landerneau où un groupe de marins livre un «baroud d’honneur». Mais toute résistance est vouée à l’échec.

Emmanuel Le Borgne, à Landerneau :
« Le 18 juin 1940, le maire Jean Louis Rolland est passé dans les quartiers. Il fallait évacuer les maisons car les Allemands arrivaient.
Les Allemands sont arrivés par la route de Sizun. Je crois qu’il y a eu quelques victimes.
Le premier Allemand que j’ai vu descendait la route de Lesneven dans un char. C’était impressionnant, il y avait une espèce de tête de mort sur son casque ».

L’armée allemande pénètre sans combat à 19h00 dans le port de Brest.
C’est le début de l’occupation.

Pierre Pérennou, à Trégennec :
« Ce qui nous a impressionnés lorsqu’on a vu arriver les Allemands, ici à Trégénnec, c’est leur matériel. Les premiers étaient en side-car, très silencieux par rapport aux motos pétaradantes qu’on connaissait dans le coin ».

Serge Aubrée, à Brest :
« Les premiers soldats allemands ont installé leurs tentes cours Dajot.
C’était comme s’ils faisaient du camping ! On avait l’impression qu’ils étaient en vacances.
Ils ont fait forte impression, c’était vraiment de beaux hommes. On ne nous avait pas envoyé les plus disgraciés par la nature.
Ils se sont montrés aimables. Ils m’ont même payé des bonbons !
J’avais 12 ans, je suis parti avec mon paquet de bonbons en pleurs … Il faut dire que ma grand-mère m’avait raconté que les Prussiens faisait des atrocités.
Tout le monde d’ailleurs, croyait à ces légendes.
En fait, ils avaient certainement reçu des ordres. Ils voulaient charmer la population brestoise. Mais cela n’a duré qu’un temps. Après, je me souviens qu’il fallait descendre du trottoir quand vous croisiez des Allemands ».

Michel Mazéas, à Douarnenez :
« En 1940, j’avais 12 ans et je vivais à Ploaré avec mon frère, ma mère et mon père marin-pêcheur.
Je me souviens parfaitement de l’arrivée des Allemands. C’était le 20 juin, je jouais avec mes camarades sur la place Dom-Michel-Le-Nobletz, lorsque nous avons vu arriver un side-car avec deux Allemands, le visage noir de poussière.
« Raus ! Raus !», nous ont-ils criés pour nous faire dégager ».

Dès fin juin 1940, casernes, hôtels, écoles et logements privés sont réquisitionnés par les Allemands pour loger la troupe et leurs officiers.
L’administration française est chargée de dédommager les propriétaires ainsi spoliés qui doivent de surcroît supporter l’ennemi dans leur propre maison.

30 juin 1940, Jean Dréo, de Brest :

« Le drapeau allemand flotte sur tous les édifices occupés :
L’hôtel moderne (général commandant les troupes), la préfecture maritime rue de Siam, le sémaphore du château etc. …
Nous vivons cette arrivée des Allemands avec un sentiment d’incrédulité, d’humiliation, d’abattement mêlé d’accès de rage.
Les soldats Allemands sont très nombreux en ville. Leur matériel est impressionnant ».

L’occupation allemande signifie aussi pour les habitants toute une série de contraintes et d’interdictions, dont la transgression entraîne une répression impitoyable.

Mesure très symbolique, le passage à l’heure allemande figure au nombre de ces contraintes.
Pendant toute l’occupation, l’heure officielle sera celle de Berlin (GMT + 2 ).

Le couvre-feu est établi de 23h00 à 5h00.

Impossible de se déplacer sans laissez passez (Ausweis).

L’une des premières mesures de l’occupant est d’organiser le ramassage des armes détenues par les particuliers.
Fusils de chasse et armes de souvenir de la guerre 1914 1918 s’empilent dans la cour de l’hôtel de ville à Brest.

Une «zone interdite» de 15 à 20 kilomètres de large est mise en place le long de la côte.
La liberté de circulation y est encore plus restreinte et il faut un laissez passez spécial pour y entrer ou en sortir.

Extrait d’une circulaire allemande.

«Les laissez passez pour la zone côtière interdite ne peuvent être accordés que pour des motifs présentant un intérêt du point de vue de l’administration ou de l’économie générale.
Les motifs personnels ou de famille ne sont pas examinés.
Des dérogations seront uniquement accordées :
a) en cas de décès de l’époux, du père, de la mère ou des enfants
b) aux ouvriers français permissionnaires travaillant en Allemagne et rendant visite à des membres de leur famille ayant leur domicile en zone côtière interdite.
Le transfert en zone côtière interdite du domicile demeure interdit».

Le premier bombardement allié de la ville a lieu, lui le 8 juillet 1940 par l’aviation Anglaise.

En 1940, les effectifs allemands dans le Finistère peuvent être évalués à 15 000 hommes.
Ils atteindront leur maximum en mai 1944 avec 60 000 hommes de la Wehrmacht, de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe.

Brest devient rapidement en 1940 le principal port de la Kriegsmarine en France.
Engagée dans la bataille de l’atlantique, la marine de guerre allemande y trouve une base navale de premier ordre, rapidement remise en état pour accueillir des bâtiments de surface.

Dés le 20 septembre 1940, on voit cinq destroyers entrer dans Brest et s’amarrer à des coffres.
Défiant le blocus britannique, le croiseur Admiral Hipper fait relâche en décembre 1940. Il revient de l’atlantique Nord ou il a coulé une douzaine de cargos.

Le 20 septembre, trois bombes anglaises sont lâchées sur le dépôt des machines de la gare.

En 1940, on compte 4 alertes en septembre, 8 en novembre puis 11en décembre.

Lorsque les premières bombes sont tombées sur Brest et les alentours, la population civile a d’abord utilisé les caves des maisons.
Très vite elle en comprit le danger.

Furent alors utilisés les caves des écoles, aux plafonds renforcés par des briques de ciment, les poternes, les souterrains sous les fortifications et même un aqueduc datant de Vauban sous les fortifications à Recouvrance.
Deux ouvertures au moins étaient indispensables (issues de secours).

Les missions confiées au service municipal du déblaiement.

Les missions confiées au service municipal du déblaiement sont les suivantes :

a) Mission de sauvetage : Intervention immédiate en vue
– de dégager des abris ou des décombres les victimes encore vivantes et ne pouvant se libérer par leurs propres moyens.
Les blessés sont ensuite confiés aux organismes sanitaires.
– d’extraire des immeubles sinistrés tous les corps ensevelis et de les remettre aux pelotons spéciaux d’enlèvement des cadavres.
(brassard blanc avec une croix noire)

b) Mission de sécurité
– faire abattre tous les pans de mur instables menaçant la sécurité publique ou l’action des équipes de sauveteurs.
Le déblaiement des voies publiques et celui des immeubles sinistrés (déblaiement poursuivit jusqu’au dérasement) est confié, par la loi du 22 août 1940 (art. 1er) modifiée par celle du 12 juillet 1941 (art. 52) au service des ponts et chaussées qui procède à ces travaux pour le compte et au frais de l’état.

Les moyens dont le service disposait en personnel et en matériel
a) Personnel
– en principe tout le personnel ouvrier des services techniques de la ville,(à l’exclusion des services ayant une tache spéciale, comme le service des eaux, le service incendie, le contrôle de l’éclairage), participe aux travaux de déblaiement sous l’autorité du directeur général des travaux et sous l’action directe d’un ingénieur coordinateur qui reçoit les directives et les ordres du directeur général.

– le personnel des entreprises du bâtiment et des travaux publics dont la mise en œuvre est coordonnées par le délégué local du comité d’organisation.

– les éléments bénévoles provenant des usines, des établissements commerciaux et industriels, des équipes des jeunesses nationales et, en général, de tous les volontaires.

– les effectifs provenant de l’extérieur de la ville et ceux mis à la disposition de M. le Préfet par le chef du gouvernement (Milice Française, Groupes des Chantiers de Jeunesse, venus de la zone Sud).

b) Le matériel
– le matériel des services de voiries de la ville et celui du service spécial dit « des grands travaux ».

– les camions et camionnettes du service municipal des transports.

– les véhicules des transporteurs privés préalablement requis.

L’importance des moyens à mettre en œuvre dépend évidemment de l’ampleur du sinistre.
Il est donc indispensable de disposer d’une organisation suffisamment souple pour encadrer tous les éléments d’apport et les amalgamer, le cas échéant, à des spécialistes.

Le danger aérien
L’occupation de la Penfeld par les sous-marins allemands valu des bombardements plus intensifs et plus meurtriers et, malgré le soin apporté par les aviateurs Anglais et Américains dans le repérage de leurs objectifs, il se produisait souvent des bavures dont la population brestoise faisait les frais.

Coiffé d’un casque Français Adrien mod 1926, avec macaron de la Défense Passive, les agents travaillaient, dans leurs vêtements civils, avec des moyens dérisoires au regard de la tâche à accomplir, sous les bombardements et sous les retombés d’éclats de la DCA et ce, afin retrouver des survivants emmurés, soigner les blessés, limiter les risques d’incendie …

La défense anti-aérienne et la chasse seront à la mesure des attaques alliées et on écrira alors que seule la ville de Berlin avait une aussi forte concentration de moyens de défense.
Brest dispose alors de la deuxième défense anti-aérienne du Reich.

L’arrivée des grands bâtiments de la le 22 mars 1941 le Scharnhorst et le Gneisenau, augmenta la fréquence et la violence des bombardements.

Tout de suite, la population présent la recrudescence des attaques aériennes que va lui valoir la présence de ses cuirassiers de 32 000 tonnes.
Les Anglais vont certainement tout faire pour étouffer la grave menace que vont faire courir ces deux puissantes unités à leurs convois de l’atlantique.

C’est dans la nuit du 28 au 29 mars 1941 que commence une longue série de raids aérien, de bombardements, qui vont se succéder, la plupart du temps nocturnes, et ce pendant 10 mois.

Jean Dréo, de Brest :
« Tout de suite la population écope.
Le musée, la chapelle de l’hospice, ainsi que des immeubles voisins, le 30 mars.
5 morts et des blessés graves.
Les immeubles près du dépôt à Recouvrance, dont la rue Borda. Plusieurs maisons au Polygone, bombe au cimetière de Lambézellec.
3 morts, 6 blessés au cour du raid ressenti comme le plus violent connu à Brest jusqu’alors, le 3 avril 1941 ».
Vendredi 4 avril 1941, Jean Dréo, de Brest :
«L’incendie de l’hôtel continental à Brest, place de le Tour d’Auvergne ».

« On peut accorder une place spéciale à ce bombardement.
Il commence vers 22h10, après que les quelques slaves aient été tirées contre des appareils de reconnaissance à 16h00 d’abord, puis à 19h50.

Ces avions ont eu plus de chance qu’un de leurs collègues sur lequel la Flak a ouvert le feu vers 15h30, alors qu’il volait à haute altitude.
La chasse l’a abattu peu après Bourg Blanc.
Trois membres de son équipage ont été tués et enterrés à Lannilis.
On dit qu’un quatrième a pu s’échapper, mais qu’il a été capturé le lendemain, avec une jambe cassée, dans une ferme à plusieurs kilomètres du point de chute.
L’appareil appartenait au Squadron 144.

Pendant deux heures et demie, tout vibre, tout tremble, c’est un tonnerre ininterrompu avec les explosions de la Flak, celles des bombes, le grondement des moteurs des avions qui semblent parfois voler bas au milieu des bouquets lumineux des obus traçants.
Le ciel est éclairé par les pinceaux des projecteurs allemands, les fusées éclairantes larguées par les Anglais et, plus tard, par un gigantesque incendie en ville ».

« Le lendemain, l’importance des dégâts signalés n’étonne personne, compte tenu de l’intensité de l’attaque.

Un immeuble de quatre étages a été descendu rue Monge, faisant 7 morts et 12 blessés.

Plusieurs arbres ont été déracinés par la chute des bombes place du château.

Une bombe est tombée près du monument, à côté de la Kommandantur, (quel dommage qu’elle ne soit pas tombée dessus), et une autre sur l’hôtel du Cheval Blanc, (plein d’Allemands, ajoute-t-on automatiquement) rue Algésiras.

Des hangars (Le Bras) ont été atteints au port de commerce ».

« Un train rempli de matériel allemand aurait flambé au port de commerce, un pétrolier aussi.
Et deux chalutiers armés auraient été coulés près du bassin de radoub du 5e bassin ».

« Nombreux morts dans un hôtel de Sainte Anne du Porzic, ou se tenait une réunion d’officiers allemands.
Le fameux bal des officiers allemands.
Un appareil anglais, qui volant au ras des toits, loge une bombe explosive en plein dedans.
Puis sa deuxième attaque pour placer cette fois une bombe incendiaire qui tombe dans la cave sur des bidons d’essence.
Les flammes gigantesques, la panique …
On parle de 150 à 200 victimes, des officiers allemands pour la plupart, et quelques femmes qui les accompagnaient ».

« Une batterie de DCA du château aurait été atteinte ».

« Une bombe est tombée dans le bassin de Laninon où se trouvait le Gneisenau, sans exploser malheureusement.
Et qu’une autre serait tombée sur la plage avant sans éclater non plus. Allez savoir ».

« Le lendemain, dans la matinée les Allemands s’étaient empressés de sortir le bateau, par précaution, pendant qu’ils tentaient de désamorcer et d’enlever l’engin, et l’avaient mis sur coffre au milieu de la rade abri ».

Le croiseur lourd Prinz Eugen arrivera sur Brest le 2 juin 1941.
Il deviendra un objectif de première importance pour les britanniques.

Pendant un an, de fin mars 1941 à février 1942, la RAF mène une série d’attaques afin d’essayer de détruire les navires de haute mer allemands qui y ont trouvé refuge.

Le départ définitif de ces unités correspondra à une accalmie qui ne sera que provisoire.
Car Brest va demeurer jusqu’à la fin de la guerre une importante base sous-marine avec ses flottilles de U-Boot.

Au printemps 1941 débute la construction d’un gigantesque abri bétonné à Laninon, au pied de l’école navale.
Dirigé par l’organisation Todt, le chantier occupe quelque 10 000 personnes, dont 8 500 sont requises.

Dès septembre 1941, les U-Boot peuvent se servir des premières alvéoles de la base sous-marine de Brest.

Le gros œuvre est achevé en 500 jours. L’ouvrage a nécessité 500 000 mètres cubes de béton.

Il va se révéler invulnérable aux bombes des avions alliés.
La dalle de couverture atteint plus de six mètres d’épaisseurs.

Seules les bombes «Tall boy» de 6 tonnes larguées par bombardiers britanniques Lancaster parviendront à la percer au mois d’août 1944.

Les raids causent d’importants dégâts à la ville, en particulier au quartier de Recouvrance, sans pour autant réussir à mettre hors de combat les navires allemands qui regagnent l’Allemagne en février 1942.

La RAF aura perdu 127 appareils au-dessus de Brest ou aux alentours.

Le danger aérien est essentiellement constitué par des bombes explosives, par des bombes incendiaires et par la projection de gaz toxiques.

Les bombes explosives.
De modèles et de puissances très divers, sont capables de détruire plus ou moins complètement les immeubles par explosion.

– Si le temps est compris en 1/10 seconde et quelques minutes, la bombe est dite à retard.
Ce retard est généralement pyrotechnique.

– Si le temps est supérieur à 15 minutes, la bombe est dite à retardement.
Le retardement est généralement soit mécanique, soit chimique.
Ce retardement peut aller jusqu’à près d’un mois.
Toutefois au bout d’une dizaine de jours, on peut admettre qu’il ne s’agit pas d’un retard voulu, mais d’un défaut de fonctionnement.
La bombe n’en est pas moins dangereuse en cas de manipulation.

On s’en protège en utilisant des abris ou des caves présentant des qualités de résistance suffisantes.
L’abri le plus simple est un élément de tranchée creusé dans un jardin, à une distance des maisons au moins égale à leur hauteur, pour que les occupants de la tranchée ne soient pas ensevelis sous les décombres des maisons.

Un bombardement particulièrement plus violent a lieu sur Brest le 24 juillet 1941.
La Royal Air Force profitant d’un ciel dégagé attaque le port militaire en plein jour.

De 14h00 à 16h00, les vagues de bombardiers se succèdent.
Le quartier de Recouvrance est particulièrement touché.
On compte environ 80 morts. Plus de 50 immeubles sont totalement détruits. D’autres sont fissurés.

Insérer la photo page 21

Il faut noter les bandes de papiers collées sur les vitres des commerces et des habitations et ce , afin de limiter la projection des éclats de verre lors de l’explosion d’une bombe dans le voisinage.

Paul Carquin de Brest
 » Brest brûlait en permanence »

Son histoire, il l’a contée des milliers de fois. Parce qu’elle fait partie de lui, parce qu’aussi elle ne lui appartient plus. Membre de la Défense passive, il fait partie de ceux qui ont vu Brest tomber, morceau par morceau. Puis se relever pierre par pierre.

Dans les yeux de l’alerte octogénaire, les souvenirs de cette tranche de vie qui conditionna toute son existence se lisent comme dans un livre ouvert. Des souvenirs sombres, bien sûr. Des images de feu, de bombes, de drames.

 » A chaque clair de lune, les Anglais bombardaient… Et vu l’altitude des avions, les bombes tombaient où elles pouvaient !  »
En tant que pompier volontaire, le jeune Brestois passera la guerre dans les rues, courant d’un abri à l’autre pour porter secours aux blessés.

 » A chaque alerte, il fallait rejoindre son poste, et sortir, même sous les bombes.  »
Durant toute la guerre, Paul Carquin remplira donc son devoir, en portant secours aux blessés… Et en apportant sa contribution, très vite, aux alliés. Et ce d’autant plus que son statut de pompier volontaire lui vaut un laissez-passer permanent.
 » J’en profitais bien évidemment pour jouer mon rôle d’agent de liaison dans les FFI ! « , confie l’ancien résistant dans un sourire.
Sadi Carnot :  » Un vrai carnage  »
Et puis vint le siège… Long, éprouvant, usant.  » Jusqu’au 18 septembre, on sortait tous les jours :

Brest brûlait en permanence. Il n’y avait pas de nuit, nous étions en permanence plongés dans une lueur rougeâtre.
 » Les bombardements succèdent aux incendies que les nazis, réfugiés dans la ville, allument dans les édifices encore debout.

Mais le pire reste à venir, avec l’explosion, le 9 septembre, de l’abri Sadi Carnot, où les Allemands avaient entreposé des munitions.
A l’autre bout, plus de 300 civils s’étaient entassés pour la nuit. Trente personnes seulement en réchappèrent.

 » Il y avait une colonne de flammes rue Traverse… La porte de l’abri était conçue contre les dangers venus de l’extérieur…
Les gens n’ont pas eu le temps de sortir… Un vrai carnage « , murmure Paul Carquin.
Dépêché sur place, le jeune pompier découvrira l’horreur des corps calcinés, et n’oubliera plus jamais.  » Cela m’a valu des cauchemars, toute ma vie. « 

Plus d’une semaine s’écoulera ensuite avant que Brest ne tombe… Enfin, au matin du 18 septembre,  » le bruit qui avait été incessant, durant tout le siège, s’est fait moins assourdissant. Puis, ce fut le silence… Une drôle d’impression ! « .
La suite, Paul Carquin la vivra comme tant d’autres Brestois, en retroussant ses manches pour redonner une silhouette à la ville exsangue.
Les fameuses baraques brestoises lui offrent un toit.

Avec le temps, les cicatrices se refermèrent. Mais aujourd’hui encore, une flamme brille encore au fond des yeux de l’octogénaire. Une étincelle qui le pousse souvent dans les salles de classe de la ville, pour raconter, encore et encore.  » Il faut que les jeunes sachent ce qu’ont vécu les anciennes générations. Parce que quelque part, ils doivent quelque chose à ces gens là ! « 

Sur les traces du drame.
Nul ne saura jamais précisément ce qui provoqua, dans la nuit du 9 août 1944, le terrible incendie qui dévasta entièrement l’abri Sadi Carnot.
Nul ne saura jamais vraiment non plus le nombre de victimes qui y laissèrent leur vie. Mais l’exposition qui s’y tient les 18 et 19 septembre, ainsi que les témoignages d’anciens auront le mérite de rappeler aux générations d’aujourd’hui ce que fut la vie sous l’occupation.

Construit en 1942, à destination des populations civiles, l’abri Sadi Carnot fut en partie réquisitionné par les occupants.
Dans la nuit du drame, sans doute les munitions entreposées du côté allemand de l’abri furent-elles à l’origine de l’incendie. D’une terrible puissance, celui-ci ravagea tout sur son passage. Et rares furent ceux qui en réchappèrent : on dénombre aujourd’hui 373 victimes civiles identifiées, quand les estimations portent à près de 500 le nombre de soldats allemands décédés sur place.
Michel Le Bars, à Morlaix :
Michel Le Bars a vécu le bombardement du viaduc à Morlaix. Avec son cortège de peine, de terreur et surtout d’horreur.
Il avait 17 ans.

« 14h15 en ce 29 janvier 1943, la ville se prélasse sous les rayons généreux du soleil. Elle sort brutalement de sa torpeur sous les « tac tac tac » de la DCA.
Les sinistres hurlements des sirènes donnent l’alerte un peu tardivement.

En quelques secondes, la ville est meurtrie. 43 bombes éclatent presque simultanément, lancées par deux groupes de 6 bombardiers anglais.
La première vague piquant sur le viaduc lâche ses bombes dans un fracas épouvantable.
Alors que les nuages de fumée montent dans un ciel azur, une seconde vague de six avions largue son chapelet.
Leur mission accomplie, les bombardiers repartent, l’un d’entre eu, touché, restant un peu à la traîne.
La surprise a été totale, l’attaque brutale.

Cependant, les coups de DCA précédant les hurlements des sirènes ont permis aux soldats allemands, qui déambulaient au pied du viaduc, de se précipiter dans les abris de rondins recouvert de terre, édifiés sur les places Cornic et Thiers.
Quelques passant ont fait de même, d’autres sont rentrés dans les magasins et maisons riveraines. Hélas, d’autres se sont contentés de regarder le ciel…
Les bombes ont touchés plusieurs quartiers, semant partout la mort.

Place Thiers, on dénombre trois victimes à l’entrée de l’abri d’un abris. Les personnes se trouvant à l’intérieur sont sauvées.
Sur la chaussée, des cadavres, des corps lacérés.

Le paroxysme de l’horreur est atteint à l’école Notre Dame de Lourdes où les bombes sont tombées sur deux classes enfantines, tuant 39 bambins de quatre à sept ans et leur institutrice, religieuse des Filles du Saint Esprit.

Etant scout, j’ai moi-même participé aux secours et au déblaiement de l’école Notre Dame de Lourdes, située sur la colline au-dessus de la vieille maison familiale de mes parents.
Plusieurs corps sont déchiquetés, méconnaissables.
Les mamans et papas arrivent angoissés, puis fou de douleurs, viennent fouiller les décombres, tentants d’identifier le petit garçon ou la petite fille.
Perdant la raison, ils se disputent des lambeaux de vêtements et de …chair !

Il fallait, avec une infinie compréhension, affection et aussi fermeté, séparer des papas prêts à venir aux mains.
D’autres parents, effondrés, prostrés, restaient hébétés un long moment.
Tout cela ne peut s’oublier ».

Actuellement, les populations civiles sont tenues d’acquérir leurs masques à gaz à leur frais.
Il est nécessaire que les pouvoirs publics constituent des stocks qui leur seront destinés.
Chacun dans votre zone d’action, usez de votre influence pour aboutir à ce résultat.

« Une grande partie de la population craignait que les Allemands utilise à nouveau des gaz de combat comme ils l’avaient fait à Ypres en 1914 ».

Les bombes incendiaires.
Les plus utilisées sont des bombes à électrons.
Ne pesant que quelques kilogrammes, elles peuvent être transportées en grand nombre par une formation de bombardement.

Un calcul simple montre que plusieurs milliers d’incendies peuvent être allumés simultanément en différents points d’une grande ville.
Il n’existe pas de corps de sapeurs-pompiers assez puissamment outillés pour lutter de façon efficace contre une telle éventualité.

Par contre, une population instruite et organisée pour éviter la catastrophe, si chaque habitant sait ce qu’il faut faire pour combattre la bombe électron avant qu’elle ait mis le feu à son immeuble.

Cette bombe éclate toujours dans les combles ou sur le plancher du dernier étage.
Elle brûle même en l’absence d’air et sa combustion est activée par le contact de l’eau.

Pour qu’elle mette le feu, il est nécessaire que les particules en ignition qu’elle projette rencontrent des matières inflammables.
Il faut donc que les combles et le dernier étage soient débarrassé le plus vite possible de matières inflammables, munis de sacs de sable stocké et répandu sous cinq centimètres au moins et que les petits foyers d’incendie provoqués par des particules soient éteints au fur et à mesure qu’ils se manifestent.

Les gaz toxiques.
Se sont soit des gaz, soit des vapeurs, soit des poussières.

Tous ceux actuellement connus sont arrêtés, par les masques à gaz agréés, qui sont parfaitement efficaces, à condition d’être bien appliqués.
Tirant leur pouvoir de qualités chimiques et surtout physiques qui intéressent, non pas quelques gaz isolés, mais de grandes familles de gaz, il est bien peu probable qu’un gaz nouveau puisse leur échapper.

Actuellement, les populations civiles sont tenues d’acquérir leurs masques à gaz à leur frais.
Il est nécessaire que les pouvoirs publics constituent des stocks qui leur seront destinés.
Chacun dans votre zone d’action, usez de votre influence pour aboutir à ce résultat.

« Une grande partie de la population craignait que les Allemands utilise à nouveau des gaz de combat comme ils l’avaient fait à Ypres en 1914 ».

Explication des bombardements de Brest.

Avec les seules ressources de son île, la Grande Bretagne se serait vite vue confrontée à de graves problèmes de ravitaillement de sa population, et incapable de soutenir son effort de guerre.
Desserrer l’étau du blocus allemand et compenser par une production accrue les pertes de tonnage infligées par les forces ennemies étaient pour elle une nécessité absolument vitale.

En 1941, les Britanniques évaluaient les causes de destruction de leurs navires
– aux sous-marins 50 %
– aux attaques des avions, en mer 24 %
– aux raids aériens sur les ports 5 %
– aux mines 5 %
– aux unités de surface ennemis 5 %

Brest cumulait, dans son port et sur ses deux aérodromes, toutes les sources de destruction mises en œuvre par les Allemands, et son importance géographique autant que stratégique ne pouvait laisser indifférents ni les Britanniques d’abord, et ensuite les USA.

Cécile Bramé, à Brest :
Dès que la sirène sonnait, il fallait descendre dans les abris.
Ma mère gardait toujours près du lit un sac avec les objets précieux comme les cuillères en argent, le livret de Caisse d’épargne, les bons des emprunts russes.
Au moment de l’alerte, elle l’emportait avec son pliant.
A Recouvrance, un aqueduc a servi d’abri. Il n’y avait pas de lumière. Nous étions tous assis, alignés.
On chantait des chansons comme « le temps des cerises » pour se donner du courage.
J’étais une petite fille. J’avais moins peur des bombes que de perdre mes parents.
Je ne disais : « tant que je verrai ma mère, il ne m’arrivera rien ».

Comment lutter contre le danger aérien

Propriétaires d’immeubles
Songez que vous êtes moralement responsable de la vie des locataires que vous hébergez !
Sachez qu’une cave insuffisante peut être le tombeau de vos locataires !

Faites étudier la possibilité de vos caves comme abris de bombardement, en vous adressant au service de la Défense Passive de la mairie.
Un spécialiste vous dira si elles peuvent être utilisées telles quelles, ou si elles peuvent être transformées en abri après la mise en place judicieuse de quelques étais.
Dans cette dernière éventualité, n’hésitez pas à faire une dépense insignifiante qui peut sauver la vie de vos locataires.

Si vos caves sont acceptées, faites placer une pancarte sur les portes d’accès :
« cave abri _ x … mètres cubes »

Choisissez parmi vos locataires, un homme de sang-froid, dégagé d’obligations militaires, qui sera « chef d’immeuble » responsable, en cas de conflit, de l’exécution des consignes de l’immeuble et de la surveillance contre l’incendie.

Locataires.
Assurez-vous que votre propriétaire a fait recenser la cave de votre immeuble et qu’il a désigné un chef d’immeuble ».

Si votre maison ne possède pas de cave abri, repérez dans votre quartier un abri possible.
Voyez où et comment, s’il y a des espaces libres à proximité, vous pourriez éventuellement vous aménager une tranchée abri.
En d’autres termes, dès maintenant, posez-vous cette question :
« Ou pourrais-je me mettre à l’abri s’il y avait un bombardement aérien ? ».

L’attaque aérienne se produit.
L’alerte est donnée par des sirènes et par des cloches.

Si vous êtes dehors.
Suspendez vos occupations. Ne restez pas dans la rue, ne restez ni dans un autobus, ni dans un tramway, ni dans une voiture.
Ne cherchez pas à rejoindre votre domicile, ne courez pas, ne criez pas.
Gagnez le plus proche abri. N’attendez pas, en regardant le ciel, que les avions arrivent. Donnez l’exemple.
A défaut d’abri, gagnez un vaste emplacement libre, place publique, très large avenue, terrain vague où vous attendrez, aussi loin que possible des maisons, prêt à vous coucher à plat ventre au sifflement des bombes.

Si vous êtes surpris par l’attaque.
Dans une très large avenue, sur une place publique, dans un terrain vague, arrêtez-vous aussi loin que possible des maisons, prêt à vous coucher à plat ventre.

Dans une rue, blottissez-vous dans une encoignure de porte, sous un porche, derrière un gros pilier.
Ne séjournez pas dans un lieu où un projectile à gaz vient d’éclater.

Si vous n’avez pas de masque, protégez votre visage le mieux possible avec un mouchoir ou un foulard. Ne vous frottez pas les yeux.
Ne courez pas. Fuyez en marchand dans la direction du vent.

Si vous êtes chez vous.
Vous n’avez que quelques minutes pour vous mettre à l’abri.
Prenez votre masque.
Ne restez pas à la fenêtre. Fermez les volets, tirez les rideaux, éteignez la lumière, fermez les compteurs de gaz et d’électricité.
Munissez-vous d’eau potable, de vivres et d’effets chauds.
Ayez une lampe électrique de poche.

Sans hâte, mais sans retard, gagnez votre abri.
N’encombrez pas sa porte.

Obéissez au « chef de l’immeuble ».
Assurez-vous que les couvertures et étoffes qui obstruent les ouvertures ont été imprégnées de chlorure de chaux.

Si l’abri est envahi par les gaz, fixer aussitôt votre masque.
Si l’abri est atteint et s’il y a des blessés, prévenez le poste de secours le plus proche.
Soyez patients, les secours viendront.

Si vous êtes chef d’immeuble.
Rappelez aux locataires l’extinction des lumières, la fermeture des compteurs de gaz et d’électricité.
Vérifiez rapidement que la cave abri est dotée de ses accessoires (pelle, pioche, eau, etc. ).
Faites imprégner les couvertures et étoffes de protection par le chlorure de chaux délayé.

Aidé des personnes choisies pour le piquet d’incendie, exercez une surveillance attentive sur les combles de l’immeuble, pour parer dans le délai le plus bref à la chute d’une bombe incendiaire.
Si cette éventualité se produit : laisser brûler la bombe dont la combustion dure quatre à cinq minutes, en éloignant d’elle les objets inflammables et en éteignant ceux qu’elle a allumés.
Tant qu’elle projettera des étincelles, ne pas essayer de l’enlever ni surtout de l’arroser d’eau.

Dès qu’elle aura cessé de brûler, lutter avec l’eau, le sable, les extincteurs contre le foyer d’incendie en l’attaquant par le pourtour.
Dans le cas improbable où les mesures ne suffiraient pas, alertez les sapeurs-pompiers.
La fin de l’alerte sera donnée par une série de coups de sirènes brefs.

Si l’abri est indemne.
Ne le quittez pas avant d’avoir l’assurance que la zone autour de vous est libre de gaz.
Ventilez et aérez l’abri dès que cela sera possible.
Remettez tout en ordre.

Si l’abri a été atteint.
Ne touchez à rien qui ait pu être en contact avec des gaz toxiques
Abandonnez tout sur place et prévenez le poste de désinfection.
Après désinfection, remettez l’abri dans l’état primitif en remplaçant l’outillage et les objets détruits par les gaz.

Si vous êtes gazé.
Restez couchés, ne bougez pas, ne vous frottez pas les yeux, ne touchez pas à vos vêtements avec les mains nues, ne prenez ni vin, ni alcool.
Faites-vous porter au poste de secours.

Si vous êtes blessé sérieusement.
Faites-vous évacuer aussi vite que possible au poste de secours, mais en première urgence si vous êtes atteint au ventre, restez immobile et ne buvez pas.
Si vous avez un membre qui saigne abondamment, faites une ligature au-dessous de la plaie lorsque le sang coule noir et au-dessus de la plaie lorsque le sang coule rouge.

Si votre appartement a été atteint par les gaz.
Ne toucher à rien avant qu’il ait été désinfecté.
Ne consommez pas les aliments ou les boissons qui ont été souillés par les gaz.
Si l’eau coule colorée (vert, bleu, rouge) au robinet de distribution de votre appartement, ne consommez pas sans l’avoir préalablement fait bouillir pendant une demi-heure dans un local largement aéré, car il s’agira d’eau contaminée.
Les villes ayant pris des dispositions pour colorer les eaux atteintes par les gaz tant qu’elles sont dangereuses pour la santé publique.

L’intervention des équipes de mineurs et de spécialistes

La technique du déblaiement
Les outils et les engins utile

L’intervention des équipes de mineurs et de spécialistes, pour être efficace, doit se produire dans les premières heures qui suivent le bombardement, voire dans la première nuit ou la première journée.
Trois jours après, il est trop tard.

Ces spécialistes ne peuvent être engagés que sur des indications précises. Appels provenant des caves, victimes ensevelies se faisant entendre encore.

Les méthodes de travail auxquelles ils sont accoutumés (et il est difficile de leur faire abandonner, le cas échéant), conduisent à des pertes de temps, que l’on doit éviter à tout prix, et les résultats obtenus sont négligeables.

A vrai dire la technique du déblaiement la plus simple se révèle encore la plus expéditive et la plus efficace.
Le travail de ces équipes se faisait le plus souvent à mains nues causant plaies et coupures, dans l’enchevêtrement des bois de charpentes et de planchers, noyés dans les plâtras et la poussières des murs de maisons effondrées, cependant qu’un autre danger pouvait exister avec les poutres et les débris de toiture en suspens au-dessus des têtes.

Nous avons observé des équipes de volontaires animés d’un zèle soutenu qui, presque exclusivement avec les mains, sont arrivés à dégager des entrés, à étayer sommairement des portions de façades sur le point de s’effondrer et enfin à retirer des personnes encore vivantes, résultat qui n’aurait pu être atteint par des « descenderies » ou des sapes.

Les déblayeurs doivent disposer de fourches, de pioches, de barres à mines, de haches, de scies, de poinçons, de marteaux, de crics et d’engins de levage.
A signaler les services que peuvent rendre les petits crics d’automobiles qui s’intercalent aisément entre les enchevêtrements de poutres et permettent momentanément de soutenir un éboulis et de retirer des corps.

Plusieurs postes de découpeurs au chalumeau sont indispensables.
Il en est de même pour les postes de compression qui peuvent alimenter en air les caves ou l’atmosphère peut devenir suffocant.
L’aide qu’apporte l’emploi de marteaux pneumatiques n’est pas non plus à négliger.

La principale qualité d’un chef de chantier c’est le bon sens.
Le sauvetage est incompatible avec des procédés techniques trop lents.
Sans risquer la vie des déblayeurs il est inutile d’être aventureux.

Nous avons eu la légitime fierté de constater sur les chantiers de déblaiement un mépris du danger qui fait le plus grand honneur aux ouvriers.
L’intervention immédiate d’un personnel dévoué permet de sauver des vies humaines.

A la suite de 3 bombardements sur Nantes, 72 personnes ensevelies ont été arrachées des décombres dans des conditions parfois dramatiques.
Certaines n’ont pu être sauvées qu’après 20 heures et même 24 heures de travail ininterrompu, après insufflation d’air comprimé ou d’oxygène.

En moyenne, les sauvetages ont été opérés au bout de 5 à 6 heures, c’est-à-dire, notons-le, au cours de la nuit, par un travail acharné, dans une obscurité que trouait à peine la flamme des lampes tempêtes et sous la menace des effondrements de murs ou de charpentes.
L’intervention doit être immédiate et se poursuivre sans désemparer.

Un exemple, entre tous, peut illustrer cette assertion.
Le 23 au soir, le peloton de permanence d’un centre de déblaiement a pu sauver, d’une mort certaine, plus de 25 personnes enfouies dans les décombres d’un bâtiment de 3 étages atteint de plein fouet par une bombe.

Les enseignements à tirer du comportement des caves abris et des tranchées
Très peu nombreux sont les abris offrants une protection certaine contre les coups directs.
Il faudrait disposer d’abris bétonnés comportant des épaisseurs de béton armé supérieures à 3 mètres.

Une deuxième période de bombardements débute en novembre 1942 sur la périphérie de Brest
.
Confiés à l’aviation américaine, ils visent la base sous-marine de Laninon. Ces raids de jour sont des échecs.
L’U.S.A.A.F .change alors d’objectifs. Elle s’attaque aux dépôts de carburants et voies de chemin de fer.
Cette stratégie augmente la dispersion des bombes sur l’agglomération brestoise et aux alentours.

C’est au printemps 1942 que fut décidée la construction de deux grands abris souterrain.

Rive Gauche et au Centre-Ville.
De la place Wilson à la rue Louis Pasteur
De la place Sadi-Carnot à la porte Tourville
Pour une capacité d’accueil d’environ 3000 personnes

A Recouvrance, deux grands escaliers d’accès au tunnel ferroviaire « Lanninon-Pontaniou » furent construit, rue de la Porte et place Joseph Gouez, pour la sécurité de la population de la Rive Droite.
Ils ont chacun une capacité d’accueil d’environ 2000 personnes

La Défense Passive menait autour de ces abris des actions courageuses.

André Kerdoncuff, à Brest
«Je ne vous dis pas le monde qu’il y avait ! Le seul éclairage, c’était des bougies. Les gens blaguaient pour passer le temps ».

La police dans les abris incombait aux agents de la Défense Passive porteurs, à Brest, d’un brassard jaune sur lequel sont inscrites les lettres DP.
Il leur fallait agir de façon énergique pour maîtriser la ruée à l’entrée de l’abri d’une population saisie de panique, lorsque l’alerte était déclenchée avec retard, alors que les premières bombes commençaient à tomber sur l’arsenal ou sur la gare.

La population de la périphérie de l’agglomération Saint-Pierre, Lambézellec et Saint-Marc avait aussi ses abris, car trop éloignées du Centre.

Chacun faisait des efforts considérables pour sa sauvegarde et celle des siens.
S’entassant parfois dans des abris de fortune, mal aérés, attendant avec impatience la fin des terrifiantes explosions.
Il arrivait que dans ces abris, quels qu’ils soient, quelqu’un, pour remonter «le moral des troupes» , entonnait une chanson que tout le monde reprenait en chœur, ou racontait à un petit groupe des histoires drôles pour éviter la polarisation sur l’angoisse et la peur.

Devant la poursuite des bombardements, les autorités décident en février 1943 la fermeture des écoles et l’évacuation d’une partie de la population.
10 000 personnes quittent alors la ville.
Certaines sont hébergées chez des proches, d’autres rejoignent des centres d’accueils pour réfugiés, dans le Finistère ainsi que dans la Sarthe et le Loir et Cher.

André Kerdoncuff, à Brest
«A l’époque j’avais 20 ans. Au patronage de l’Espérance, nous avons formé un groupe de volontaires pour apporter du secours aux victimes des bombardements.
Ensuite j’ai été requis par la Défense Passive.
Un jour, rue Bouillon, une personne coincée sous les déblais criait. J’ai voulu la prendre par le bras pour l’aider. Le bras m’est resté dans la main…
Sur le coup, on n’a pas le temps de réfléchir. On est pris par les évènements.
Il faut faire vite, agir.
Les alertes duraient généralement une à deux heures.
Trois samedi de rangs, en 1943, les bombardements ont eu lieu avant que l’alerte ne soit donnée.
C’était une sorte de sauve-qui-peut. Chacun voulait se préserver le plus rapidement possible».

De juillet 1940 à août 1944, début du siège de Brest, la ville a subi 165 bombardements et près de 600 alertes aériennes.

« Juillet 1944 nous verra vivre, de jour comme de nuit dans les grands abris (7 jours) jusqu’à l’exode final qui devenait une urgence ».

De nombreux habitants choisiront de rester dans l’abri Sadi-Carnot occupé pour une partie par les allemands.
Le drame de cet abri a endeuillé la ville de Brest.
Rappelons-le, suite à un incendie d’un stock de munition, côté allemand, la plupart des gens à l’intérieur y perdront la vie.
(mettre un lien vers sadi carnot)
Le nombre des victimes civiles s’élève à 400 morts.

2000 immeubles ont été détruits ou endommagés.

On peut considérer trois périodes importantes dans les bombardements de la ville.

Une première période qui va du 8 juillet 1940 au 11 février 1942.

D’août 1940 à décembre 1941, la mairie dénombre 241 morts et 408 blessés.

En 1941, les raids de l’aviation anglaise vont s’intensifier pour atteindre leur paroxysme pendant le séjour des deux croiseurs allemands, le Scharnhorst et le Gneisenau, dans le port de Brest.
Ceux-ci constituent pour le ravitaillement de l’Angleterre un danger considérable et, jusqu’aux bombardements intensifs sur l’Allemagne, deux ans plus tard, Brest sera la ville la plus bombardée des territoires occupés par l’Axe.

Les Brestois vivront plus de 200 heures d’alerte.
Les bombardements les plus meurtriers sont ceux de 14 au 15 avril 1941 (l’hôpital civil est touché) et celui du 24 juillet 1941 sur Lannion (102 morts et 146 blessés).

Une deuxième période qui s’ouvre le 11 février 1942 dans la soirée pour aller jusqu’au 7 août 1944.
Les cibles visées sont les bateaux allemands, la base sous-marine et les aérodromes.

Du 2 janvier 1942 à avril 1943, la mairie dénombre 120 morts et 141 blessés.

La troisième et dernière période des bombardements de Brest qui correspond à l’annonce officielle du siège, le 7 août 1944.
Elle marque l’anéantissement de la ville sous le feu conjugué de l’aviation alliée, de l’artillerie américaine et des destructions par le feu provoquées volontairement par les allemands.

90°/°des immeubles seront détruits entièrement ou partiellement.
83 Brestois y perdront la vie, ce qui porte le nombre des victimes, selon le dénombrement de la mairie, à 444 morts.

Cécile Bramé
Une petite fille sous les bombes
Parce qu’enfant elle a grandi sous les bombes qui ont rasé Brest, Cécile Bramé reste à jamais marquée par l’horreur de toutes les guerres. Son leitmotiv :  » Plus jamais ça « .

Quand une petite fille de dix ans joue sous les bombes, elle grandit ensuite dans la haine la plus absolue de la guerre… Née en 1929 à Recouvrance, Cécile Bramé vit les troupes d’occupation s’emparer de son quartier, de sa ville, sans comprendre…  » Mais c’était pour moi une intrusion chez nous, et ça…  » Trois années durant, la vie continuera pourtant. A jouer sur les remparts, et courir à l’abri le plus proche à chaque bombardement, à subir des privations  » mais nous avions à manger. Simplement, nous manquions de ce que nous aimions. « 

C’est à partir de 1943, et de l’ordre d’évacuation des enfants que le cauchemar commence.
 » J’ai été envoyée en pensionnat, à Pleyben. Nous ne rentrions que pendant les petites vacances… Toute cette période, et toute la guerre, je l’ai vécue avec cette hantise, cette peur atroce : ne plus revoir mes parents. Et penser à ça à chaque bombardement…  » Le pire ne se produira pas.

Rentrée à l’été 44, la petite fille retrouve les siens, et va vivre avec eux l’immense exode du mois d’août.  » Je crois n’avoir jamais autant marché !
Mon père avait entassé les bagages dans une brouette. Et nous sommes partis à pied, avec les autres… Jusqu’à trouver asile à Plouguin.
 » Une épreuve qui conduira la famille Bramé à dormir sur la paille, un soir ici, un soir là. Et attendre.  » Et puis, un jour, un homme est arrivé de Brest, à vélo. Il était blême. Il nous a dit que l’abri Sadi Carnot avait brûlé. Lui avait été sauvé par une cigarette : il était sorti fumer…  » La rage et l’impuissance inondent la fillette :  » Mon institutrice et tant d’autres y étaient… Aujourd’hui, quand je regarde la plaque en hommage aux victimes, c’est encore une vraie souffrance. Et j’ai toujours cette pensée : plus jamais ça. « 

Puis vient la Libération.  » Mais personne n’avait le droit d’entrer dans la ville. Mes parents ont emprunté les souterrains, pour récupérer des affaires… Heureusement que nous connaissions les fortifs’ ! Et puis, nous sommes partis.  » Brest en ruines ne peut accueillir ses enfants, et l’adolescente s’exile donc près de Lannion pour passer son brevet, tandis que son père participe au déminage.

Le retour, en 1945, sera  » mitigé. J’ai ce souvenir, à l’arrivée, d’être partagée entre la joie de retrouver les miens, de retrouver mon quartier… Et le désarroi énorme de trouver cette ville en ruines, démolie.  » La vie fera ensuite son œuvre, baladant la jeune femme ici et ailleurs, avant qu’elle ne termine sa carrière de professeur de mathématiques dans la ville de ses racines.
Une ville qu’elle aime, comme elle est. Même reconstruite à la hâte :  » Brest n’est pas moche ! Elle n’a sans doute pas retrouvé son âme d’antan, mais elle est allée de l’avant, a suivi le progrès. La guerre a voulu tout ça, et nous avons su reconstruire une ville sur ses ruines. On peut en être fiers ! « 

Des petits réfugiés venus de Brest.
Alors que les bombardements font rage, des milliers d’enfants sont contraints de quitter la ville de Brest.
L’application des mesures de dispersions de la population a été rendue effective dès le premier bombardement de l’aviation anglaise, en août 1940.

En octobre 1940, on trouve déjà des petits brestois dans la plupart des écoles du département.

En 1941, l’arrivée à Brest des cuirassiers allemand Scharnhorst et Gneisenau entraîne une recrudescence des bombardements de la RAF.
Plusieurs écoles sont détruites.

106 enfants de 2 à 13 ans sont repliés en majorité sur le préventorium Ker-Bugale de Ploaré.
Parallèlement, le château de Kervoazec en Saint-Goazec, qui servait de colonie de vacances aux enfants de la Marine et de l’arsenal, accueille 73 garçons tandis qu’une vingtaine de fillettes occupent les locaux de l’école des sœurs de la commune.
Partout dans le Finistère, l’accroissement des effectifs scolaires pose des problèmes.
Pour la première fois, fin janvier 1942, des enfants des écoles publiques partent pour la Sarthe où ils sont hébergés dans de nouveaux centres. Ces derniers viennent s‘ajouter à ceux déjà ouverts dans le Finistère :
La Salette en Saint-Martin-des-Champs, Carhaix, Coatlosquet en Plounéour-Ménez, Kerlivio en Poullaouen.

Le 9 février 1943, un ordre d’évacuation est donné par l’occupant.
Il concerne tous les « inutiles » et en priorité encore les enfants, et aussi les « actifs non indispensables » dont les mères de jeunes enfants.
Le Finistère reste toujours le département le plus sollicité.

A la fin de la guerre, on, estimera à 4000 les enfants accueillis dans les centres et les pensionnats, à près de 10 000 ceux accueillis dans leurs familles.
Début 1944, du fait de la fermeture de Pont-Croix et Carhaix, s’ouvre le centre de secours national de Kermaunoir, à deux pas de Kervoazec en Saint-Goazec.

Quand les allemands quittent définitivement Kervoazec, le château est occupé par des enfants venant de Kermaunoir.

A Saint-Goazec, vont se rassembler peu à peu tous les enfants des centres repliés du Finistère, de la Sarthe, du Loiret-Cher et de Lyon.
Peu à peu, les parents viendront à Saint-Goazec récupérer leur progéniture.
Certains n’avaient pas revu leurs enfants depuis trois ans.
Compte tenu des aléas et vicissitudes de l’immédiat après-guerre, le centre restera ouvert jusqu’à l’été 1947.

André Pringent, à Brest :
« Nous sommes partis en train pour Carhaix, mon frère et moi.
J’avais 8 ans, mon frère 6 ans. Il ne comprenait pas trop la situation, il était trop jeune.
Le centre de repli de Carhaix occupait une école. Il était tenu par la Croix Rouge, presque toutes les monitrices étaient infirmières.
Nous allions à l’école en ville.
Pendant les grandes vacances, on se baignait dans le canal.
Nos parents sont venus nous voir une ou deux fois. Ils avaient pris le « petit train patates ».
On se donnait des nouvelles par écrit.
Les moniteurs relisaient les lettres afin d’atténuer certains détails, par exemple quand nous étions malades. Ils voulaient éviter d’inquiéter nos parents ».

Jusqu’à la veille du siège, la ville sera la cible de 165 bombardements et 480 alertes.
Le bilan est lourd; plus de 500 morts civils et 550 blessés. Mais au total, la seconde guerre mondiale fit à Brest 965 morts et 740 blessés graves.

Durant le siège de 45 jours (du 7 août au 18 septembre, Brest reçut 30 000 bombes et 100 000 obus.
10 000 militaires y laissèrent, de part et d’autre, leur vie.

A l’issue de la guerre, sur les 16 500 immeubles que comptait initialement la ville, 7 000 furent totalement détruits.
En 1944, seuls 200 immeubles étaient encore debout, dont 4 dans le centre-ville.

Une soixantaine de Brestois furent fusillés, 146 déportés et 373 ont péri dans l’incendie de Sadi Carnot (le nombre des victimes allemandes du drame reste très flou : entre 500 et 1 000 morts).
Les agents de la Défense Passive à Brest, ont payé un lourd tribut à la guerre.
63 ont été tués en service commandé, victimes de leurs devoir.

VICTIMES DE LA DEFENSE PASSIVE
Brest 63 tués Paris et sa banlieue 29 tués Marseille 19 tués Caen 14 tués

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