80ème anniversaire de la victoire de Bir-Hakeim, Libye, 27 mai-11 juin 1942 – Episode 6/10

Vers Bir-Hakeim, par M. Guy Crissin

Le général Rommel à la manœuvre du secteur sud de la ligne défense britannique.


Début avril, les chaleurs s’installent, avec des « tempés » de 41° à l’ombre, commence alors le calvaire d’une soif lancinante, non assouvie par l’eau rationnée. La cadence des patrouilles motorisées vers l’ouest, fait repérer petit à petit les positions allemandes, paysagées par les reconnaissances aériennes de la « Royal air force ».


Larminat passe le commandement de la 1e BFL à Koenig, il quitte Bir-Hakeim pour Bardia où il établit son PC de commandant des Forces française libres au Western Desert (FFWD). Sa 2e brigade de 3159 hommes, commandée par le général Cazaud arrive du Liban pour être rattachée à la 5e division indienne du général Briggs.
Plus à l’Est, la 1e compagnie de chars de combat du capitaine Volvey récemment arrivée en Egypte, fait une halte au pied des Pyramides, à Mena Camp, le temps de prendre en main la nouvelle dotation en chars d’assaut Crusader, britanniques.

ROMMEL chars allemands vers BH


En Marmarique, après trois mois de dur labeur, la forteresse du désert puissamment défendue par une artillerie contre avions et anti-chars est maintenant capable de résister à toutes les attaques. Sur la position tout ce qui pouvait être enterré l’a été, en particulier les camions spécialisés des antennes chirurgicales mobiles qui ont été enfouis jusqu’aux moteurs.


L’attente commence, seulement rompue pour les chanceux qui partent à l’aventure des missions de reconnaissance et d’attaques des « Jocks ». Le « tanaké » bricolé en Syrie par les Français reste précieux. Une préoccupation de Koenig est de pouvoir utiliser en permanence les liaisons radio avec ses patrouilles motorisées ; souhaitant parler en clair sans être compris de l’ennemi qui écoute, il charge le lieutenant Beauroir (responsable du 2e Bureau) de mettre en service un procédé de codage simple et court, par substitution de mots : c’est le code « Omoplate» qui tire son nom du premier mot de la liste codifiée. Facile d’emploi, il devient rapidement un langage courant au PC opérations.
Dans la première dizaine de mai, une forte tempête de sable s’abat sur les Français blottis dans leurs trous. Six jours de visibilité réduite, de grains de sable qui imprègnent, poussés par un vent froid du nord. Rommel profite d’une pleine lune pour avancer sur une ligne Gazala – Signali nord – Signali sud. La durée de la mission de « containment » assignée à Koenig passe de 4 à 8 jours, impliquant à nouveau dans l’effort, les hommes de la 101e pour délivrer des quantités complémentaires d’eau et des compléments de munitions.


La 22e CNA (Compagnie Nord-Africaine) est affectée dans le bastion pour remplacer le BIM (Bataillon d’Infanterie de Marine), en partance.
Les semaines passent entrecoupées d’orages, de vents de sable et d’alertes aériennes qui surviennent avec les accalmies.
Au nord du site sur la partie dite en V, un détachement du 3e BLE (3e Bataillon de la Légion étrangère), commandé par le capitaine Lamaze, composé de 3 sections de véhicules blindés armés (Brenn Carriers) surveille l’intégrité des champs de mines qui se prolongent vers la zone Gott el Oualeb placée maintenant sous le commandement du major-général Ramsden.
En cas d’alerte, Lamaze doit garantir la fermeture des passages qui permettent d’arriver au coeur de la forteresse.
Le 23 mai, la 3e brigade motorisée indienne de général Fillose vient prendre une position à 10 kilomètres dans le sud, en amont des dunes, le QG du Caire bien servi par le canal d’Ultra (machine Enigma au QG à Bletchley en Angleterre) a fait anticiper une offensive des Allemands, probable à partir du 25 mai.

ROMMEL crusader Libye


À l’ouest, au QG de Rommel, les ordres sont simples : en finir avec Tobrouk puis en finir avec l’armée britannique et s’emparer du Canal de Suez. Tactiquement cela se traduit par une offensive, en deux opérations concomitantes : une attaque de front sur la Via Balbia et une attaque de contournement, en passant dans le sud de Bir Hakeim. Cette stratégie a reçu l’aval d’Hitler et de Mussolini mais ici au QG de Rommel les avis proches sont divergents, le général Gause chef d’Etat-major de la Panzerarmée trouve que son chef met là en jeu, par le risque encouru, sa réputation de général toujours vainqueur; le général Westphal son chef d’opérations dit qu’il n’y a pas d’autre choix que l’attaque immédiate et le général Navarini commandant le XXIe corps d’armées italien, opposé au début, se range finalement à la version offensive ; étant entendu que les Italiens opéreraient au nord de la ligne d’attaque, vers Aïn el Gazala tandis que Rommel manoeuvrerait ses Panzer au sud, vers Bir Hakeim.


L’avis de tous au QG est que l’opération Thésée est audacieuse mais hasardeuse !

ROMMEL le plan du général
Tanaké fabriqué patrouille
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